dimanche 22 novembre 2009

Origami - Poème d’amour


                       Origami - Poème d’amour


Mon amour se plie, s’arrache l’ancre des cieux
jetée par terre, et sans la force des frais adieux.

Ces bouts de papier blanc et jaune et leurs plisses,
qui fendent en deux l’atmosphère du désir,
s’envolent au rythme des éventails en feux.

Lointaines, les flammes se disputent des sentiments et des plaisirs
dans le creux des papiers qui flottent, percés en brins d’espaces
sous la flottille de tes yeux.

Tes, bras, tes lèvres et tes paupières, 

bourrés des pétales et des promesses,
attisent des cendres qui traversent,

à voix bases, et sans créneaux,
la géométrie variable

d’un bref moment de passion.

vendredi 20 novembre 2009

L’Identité Algonquine


L’Identité Algonquine
 
A travers des rivières et des étroits couloirs en granite et calcaire,
des cascades abasourdies par la chute des vents et des syllabes, 

aux chants d’oiseaux tissés dans la cortine des âmes,
on reconnaît le pays Algonquin.

En canoë, sens aux aguets, 

chicanée par les rayons de soleil et la brume,
j’attends entrevoir l’amarre et les contours du sol. 

Cette identité faite d’incertitudes et

des flèches d’imagination vers l’azimut du Nord,
est enveloppée dans des lacs et des ilots.


Cette identité de tribu navigateur et d’éternels forets,
j’incruste dans l’écorche des arbres qui s’inclinent 

et dans la peau des gris échos. 

lundi 16 novembre 2009

L’Aléatoire



                          L’Aléatoire 


Il s’impose  dans ma vie comme une belle et morne série mathématique:
- le cinq, le huit, le neuf,

il me donne la soif de l’infini et me promet
les jardins du paradis
- le vingt-neuf, le trente-trois, le quarante,
 
et lui-même, impensable et vain, en tangente, 
ne s’accroche qu’aux paroles que je prononce
sans façons, sans tout à fait me croire, 

dans le rythme des mes syllabes numériques, géométrique
s,
totalement aléatoires.

samedi 14 novembre 2009

Phare


                                   
                                Phare

Dans le filigrane de la plage, je fais des petits pas,
De pas timides, des pas de lâche.

Voilà mes traces qui s’égrènent dans les sables
Infiniment divisés par le mouvement coriace des vagues

Au va-et-vient.

Jalonnée par des digues, enfuie dans la marée, j’effleure
Les striations d’une coquille -

Dure, entêtée -  une forteresse grise et blanche qui,
Emmurée par la brise, se voit de loin, rabougrie par les flots,

Jetée entre les balises et la lumière atterrée d’un faux phare.

vendredi 13 novembre 2009

L'Algonquin


                             L'Algonquin
 

Profondeur d’une forêt que résume l’aube, au chant
Fluté de l’atmosphère
Croisée par des torrents fermés.

Vents gris.


Arlequins bleus, ilots et lacs dans les distances mesurées
Par la flotille des rêves qui me dépasse
En canoë.

Un chalumeau d’érables frais, flocons de neiges étroits
Et des murmures qu’entendent les petits bonhommes en pierre
Sans face et sans regrets,

Des inukshuks en granite rose, en équilibre dur
Dans le parc Algonquin.

La huppe des feuilles, les brins d’écaille rocheuse témoignent
De l’ancien fond de mer au rebours
Couvert par la corolle verte de L’Algonquin,
Dans laquelle on avance par la faute du mouvement des arbres,

Par la faute du mouvement de notre point de vue.



lundi 9 novembre 2009

Pause

                                  Pause

Point, virgule, trait d’union, tiret.
Le silence de la pluie ou d’un gris clavier
dont le son bref d’un repit sur les  tastes
s’immisce  avec les frégates du désir.

Ce lutin pizzicato, j’en fais ma Myc
ène,
Ville dorée et secrète où le rythme guerrier d’une page
Est enseveli par l’écran
et l’échéance d’une vengeance.

Je te donne la main, je prétends que tu es là,
Dans le monologue de l’écriture et de l’amour
Dont l’orthographe me force de prendre
Une pause.

Point, virgule, trait d’union.

dimanche 8 novembre 2009

Aveugle

                       Aveugle

J’observe les manigances de l’air
et les machinations de ce jour,
qui suspend, dans un cube amer, des sphères, des cônes
de sapin et des chimères.

Angles, diagonales, arrêts de pluie
et le petit inferno de la réalité
qui ne veut pas se laisser prendre, à aucun prix
dans le sortilège des carrés.

Emboitant chaque facette, rhombe où douleur, 
la brise officie des marivaudages 
dans l’enluminure des vagues qui nous tiennent
d’hostie.

En distance, palpable comme la neige,
la plage se défait de sa sauvagerie et des bouteilles vertes
qui jettent dans le sable
l’aveugle et insouciant message des naufragés.

vendredi 6 novembre 2009

Impressions de Brasilia

                     Impressions de Brasilia
                               
                                                                  Pour LeProfGreg 

Offerte au ciel - une architecture en lumières
Et passerelles de monuments
Qui nouent, tissent, redoublent, chassent, mettent aux aguets
Les sens.

Tiges de cathédrales clouées au vide, qui s’éclosent
Blanches, vers des poutres et prières transparentes.

La coquille d’un mi-œuf de béton renversée,
Aplatie par mon regard.

Danseuses gauches, d’une grâce longiligne
qui se tiennent à la taille, dans une musique secrète, sans but,
mais péremptoire.

Cette musique devient une moisson  de verbes et mouvements
qui s'épanche dans le nom de la ville – 

Brasilia.

jeudi 5 novembre 2009

Perruques

                  Perruques

Perruques, rixes, rires, duels
aimant la douceur d’un portrait dans les enluminures des fontaines
où chaque geste est une charade de mille politesses

et où les gants des lilas  en fleur s’effondrent dans les dentelles des courtiers.

Ce personnage majeur, un Tartuffe mineur, me dépasse avec hâte
Pendant que je regarde les miroirs des vents
Qui éclatent dans des fumées en lyre.

Voilà le seuil d’une porte arrondie.

Ce seuil une fois franchi te dira
quelle est la forme des tes amours, les jeux de masques
qui entourent ce bref passage, et qui t’attendra toujours 

au fond du paysage.

dimanche 1 novembre 2009

Armada


                          Armada

Tu vois, ces mots qui fusent dans la nuit,
qui nous parlent de la solitude
comme d’une substance essentielle
à la vie,

Oxygène d’une planète intérieure
où le monde éclate en des petits continents
Sans beaucoup de rivages ou molécules de carbone,
des ilots de paresse et
des archipels de sons,

Une béatitude qui provient d’une corbeille  

de pétales qu’on a renversé
tout en dansant avec la tète  nue
et les yeux couverts d’un voile,

Sans autre souci que de parler
à basse voix,
et regarder au large des ports qui lancent, 

vers des mers de rêverie,
des incontournables regards.

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