mardi 15 décembre 2009

Totem

             
                    


Totem 


Cascades, chutes d’eau.
Nuages dans l’équilibre
violacé du vent.

Verbes qu’on pioche dans le noir des syllabes.

Et surtout cet arrière-goût
d’un langage oublié dont on découvre
le sillage à travers des métaphores.

Un héritage.
Un vieux totem.

Haiku


                  Haiku



Pluie - méridien
du temps qui passe, solennel, sans aucune
hâte, vers l’abime des nuages. 

lundi 14 décembre 2009

Roture



Cette poésie est une réponse au poème "Dentelures" par Loran, l’auteur du site web http://www.lezardes-et-murmures.com/. 


                                 Roture

À la fin de la bataille, tout était perdu.

Vaincue,  flanquée par terre, couverte de plaies
qui saignaient, nez brisé et langue coupée,
je respirais avec peine - princesse en guenilles,
princesse de pacotille,
éclaboussée par la boue des métaphores.

J’étais contente. J’avais survécu.

Naufragée,  après d’âpres tempêtes,  sur une plage mystérieuse,
je me dressais, à genoux,
sur un nouveau continent, aux confins de l’imagination.

Une terre neuve,  vaste et silencieuse, dans lequel
le mutisme des arbres était mon compagnon,
une contrée peuplée
d’inukshuks, petits bonhommes en pierre et calcaire,
qui me servaient de courtiers.

Un totem blanc, érigé avec des sons des voyelles, s'élançait entre
neiges et pétales, vers le Pôle Nord.

Le soleil se perdait, en verglas,  dans le sillage du canoë.

Fatiguée, je choisis un abri pour la nuit.

À peu près endormie, je me suis évanouie de nouveau,
sans avoir pu saisir le rêve qui me guettait –
un rêve des palais.


Versailles.

vendredi 11 décembre 2009

Digues



                   



Digues

En cachot, sous des secondes
qui se brisent, comme des vagues,
contre les digues
et la plage affublée de coquilles,

voilée par le hasard,
je ne sais plus très bien
où nous en sommes.

Tu es où tu es,
et moi, j’évite d’exister
dans cette histoire confuse,
comme un roman à clefs,
où la mer est
un des personnages principaux.

Coup de canon

Voilà  un commentaire poétique (une sorte de réponse, si vous voulez) inspiré par le poème Sous la neige de Loran, l’auteur du site http://www.lezardes-et-murmures.com



Coup de canon


Tourelles, chaînons, hallebardes.

Créneaux en fleuves miroitants divisent
les remparts cuivrés de l’après-midi
o
ù s’épanche le bleu des paroles
et les griffes des anneaux qui attachent
les vitraux aux poteaux.

Le jour se perd dans l’effilochure des détailles -
points dérobés aux masques en plomb,
pointillisme d’un Versailles
accoudés aux fontaines,

où chaque mesure de couleur est un pont
et chaque flocon de neige est la trace
d’un coup de canon.




dimanche 6 décembre 2009

Correspondance poétique


Je pause ici pour vous faire partie d’un bref dialogue en poèmes  entre l’auteur du site web http://www.lezardes-et-murmures.com/- Loran - et l’auteur de ce  site web (http://poesiecanadienne.blogspot.com/)  - Irina.

Ce dialogue ad-hoc est, si vous voulez, un essai en escrime poétique dans un échange de
poèmes. Voilà mes postes dans cet échange.

1.    L’Identité Algonquine

2.    Lampe d’Aladin
3.    Coup de canon

4.    Roture

Vous pouvez suivre ce dialogue sur le site de Loran http://www.lezardes-et-murmures.com (Cat
égorie "Correspondance  poétique") et sur ce site ici.



samedi 5 décembre 2009

Lampe


     



« De vous à moi j'aime cette identité
gravée entre la peau éraflée et le tronc griffé des arbres... »
                                                       Loran- Novembre 2009

                
 Lampe d’Aladin

Donne-moi un peu de cette fumée de génie
qui s’émeut sous des lentilles opaques -
sentiments faits du bric-à-brac,
poésie que j’écris dans l’autobus
appuyée sur la lampe d’un carnet de brouillons.

Donne-moi un peu du climat ailé
qui transperce la vague matinée
et qui me retrouve recroquevillée dans
les coins perdus du paysage.

Recelés dans leurs carapaces,
mes vers changent
sous la force de la répétition
et la forêt des mots qui s’entrelacent.

Une dentèle pluvieuse de feuilles de bouleau  me soutient.

Et cette incantation sauvage te donnera
la mesure de ma lumière et des lointains azimuts

dans le Babylone des vents.

jeudi 3 décembre 2009

Nemours



               Nemours


On m’évite comme la peste.
Doux, clinquants odeurs d’automne
se mélangent dans mes cheveux
comme si j’étais prête pour le bûcher.

Tout le monde connait mon péché.
On me soupçonne -vile sorcière au balai argenté.
Je suis, eh bien, oui, tombée amoureuse d’un personnage de roman.
C’est vrai.

Ca ne se fait pas,  on me reproche.

Lisez toujours, on me conseille,
mais rapprochez-vous un peu de la réalité.

Perdez la notion qu’on peut trouver
quelque chose d’autre que de la littérature
dans la Princesse de Clèves.

Messages les plus consultés