lundi 14 décembre 2009

Roture



Cette poésie est une réponse au poème "Dentelures" par Loran, l’auteur du site web http://www.lezardes-et-murmures.com/. 


                                 Roture

À la fin de la bataille, tout était perdu.

Vaincue,  flanquée par terre, couverte de plaies
qui saignaient, nez brisé et langue coupée,
je respirais avec peine - princesse en guenilles,
princesse de pacotille,
éclaboussée par la boue des métaphores.

J’étais contente. J’avais survécu.

Naufragée,  après d’âpres tempêtes,  sur une plage mystérieuse,
je me dressais, à genoux,
sur un nouveau continent, aux confins de l’imagination.

Une terre neuve,  vaste et silencieuse, dans lequel
le mutisme des arbres était mon compagnon,
une contrée peuplée
d’inukshuks, petits bonhommes en pierre et calcaire,
qui me servaient de courtiers.

Un totem blanc, érigé avec des sons des voyelles, s'élançait entre
neiges et pétales, vers le Pôle Nord.

Le soleil se perdait, en verglas,  dans le sillage du canoë.

Fatiguée, je choisis un abri pour la nuit.

À peu près endormie, je me suis évanouie de nouveau,
sans avoir pu saisir le rêve qui me guettait –
un rêve des palais.


Versailles.

3 commentaires:

Loran a dit...

Pas mal du tout ! :o)

Ainsi la balle est dans mon camps, accorde moi un jour ou deux...

Bisous

Loran a dit...

Où es tu ?

Loran a dit...

Plus de pieds
et pas de ciel
des glaçons aux narines
et des givres aux lèvres.
Je trainais mes guenilles
la poudreuse aux genoux
songeant aux heures paresseuses
à l'ombre des filles.
Je marchais hagard
sur cette neige de voyelles
déchirées aux ramures
des syllabes noires.
Je n'avais pas vu
sous le blizzard
cet abri de fortune
soudain incendiant mes pupilles
d'ors et de carmins.
Un versailles Algonquin
rougeoyant de braises
où se tendaient les bras
d'une belle algonquine.

Tu as la fièvre dit-elle
reprends un peu de soupe.

Loran

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